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Mémoire et histoire de la déportation : Visite du camp du Struthof

Le 2 mai 2016 - Cécile De Joie

Le vendredi 29 avril 2016 des élèves de quatre classes du lycée des Chaumes se sont rendus au camp du Struthof-Natzweiler. Cette journée qui s’inscrit dans les programmes scolaires d’histoire et d’EMC a été organisée par les professeurs d’hist-géo et a reçu le soutien du Souvenir Français, du Ministère de la Défense, et du Conseil Régional.

Au total, ce sont 43 élèves du lycée, des classes de 3e prépa. pro, de terminale 1, de terminale Bac Pro Commerce et Bac Pro EM qui ont bénéficié de cette sortie pédagogique.

Pour les classes concernées, le projet s’inscrit dans le programme d’histoire, et plus largement dans le parcours de citoyenneté des élèves. Compte tenu des enjeux de mémoire, les enseignants organisateurs tiennent à ce que cette sortie pédagogique soit gratuite pour les familles, afin d’emmener tous les élèves des classes concernées. Le budget de la sortie s’établit à 1542 euros (transport assuré par Les Rapides de Bourgogne et entrées au musée). Nous avons sollicité et obtenu des subventions du Ministère de la Défense, et du Conseil Régional, et du Souvenir Français. Le Comité avallonais du Souvenir Français nous a accompagné dans cette sortie.

Groupe d’élèves devant l’entrée du camp.

Dans le cadre du programme d’histoire, les élèves de terminale L étudient en début d’année scolaire le thème : Les mémoires, lecture historique, et plus particulièrement "L’historien et les mémoires de la seconde guerre mondiale en France". Par ailleurs, en Enseignement Moral et civique, pour cette première mise en œuvre, le professeur de la classe a choisi d’aborder avec les élèves le thème de la bioéthique : en partant de la loi de 2011, les élèves seront invités à comprendre l’émergence des lois de bioéthique en relation avec l’histoire de la deuxième guerre mondiale, notamment les expériences pratiquées au Struthof sur des cobayes humains par le professeur Hirt. Le travail a été approfondi avec l’étude du documentaire : "Au nom de la race et de la science".

L’objectif du voyage au Struthof pour les élèves de 3 P.Pro est de compléter le cours sur la seconde guerre mondiale en tant que guerre d’anéantissement. Ce chapitre nous engage à décrire le processus d’extermination des juifs et des tziganes. Voulant montrer la réalité concrète de ce moment de l’histoire, la découverte du Struthof parait tout à fait pertinente, et permet d’évoquer plus particulièrement la déportation des Tziganes : http://www.struthof.fr/fr/le-kl-natzweiler/introduction-a-lhistoire-du-camp/la-chambre-a-gaz/

Pour les élèves de terminale BPEM, le projet pédagogique s’inscrit dans le cadre du cours de Lettres, et plus particulièrement l’objet d’étude "Au XXe siècle, l’homme et son rapport au monde", une nouvelle approche du monde remet en cause la perception de la place et de la responsabilité de l’homme dans la société du XXe siècle. La visite du Struthof permet de s’interroger sur un traumatisme, en suivant les pas de Jean Léger, déporté résistant icaunais, dans le but, pour les élèves, de participer à une prise de conscience.

La visite du Struthof a eu lieu en deux groupes, chacun encadré par deux professeurs d’histoire, en fonction des objectifs pédagogiques poursuivis par chacune des classes. Dans les deux groupes, le témoignage de Jean Léger, édité en 1998, sous le titre : "Petite chronique de l’horreur ordinaire" a été sollicité pour évoquer l’entrée au camp, la déshumanisation, l’appel, les brimades et tortures.

Le moment de recueillement devant les plaques souvenirs de la fosse au cendre a été suivi d’un rappel du choix par l’Etat français du Struthof comme lieu de mémoire de la déportation pour motif d’homosexualité. https://www.herodote.net/La_deportation_pour_motif_d_homosexualite_en_France-bibliographie-197.php

Après la visite du camp, les élèves se sont également rendus au Centre Européen du Résistant Déporté, où ils ont pu découvrir notamment l’exposition temporaire :
"Qu’y a-t-il de plus triste qu’un train ?, se demande Primo Levi. Sa question n’appelle pas de réponse mais soulève en retour mille autres questions.
Qu’y a-t-il de plus triste qu’un train qui part vers l’inconnu, bien lancé sur ses rails ?
Qu’y a-t-il de plus triste que des wagons surchargés d’hommes et de femmes que n’attend pas la joie des vacances, mais l’enfer de la déportation ?
Qu’y a-t-il de plus triste qu’un train dont le terminus est le déversoir final pour des millions de vies ?
Qu’y a-t-il de plus triste que de mourir broyé après un long voyage ?
Durant toute l’année 2016, le Centre européen du résistant déporté a invité quatre artistes à poser leur regard sensible sur la déportation et la façon d’en faire mémoire." Frédérique Neau-Dufour, directrice du CERD

Les professeurs : Mmes De Joie, Ferrey, Magnon et Naudot.

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