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Rubrique DU COTE DES DISCIPLINES

Mémoire de la Seconde Guerre mondiale : la Résistance en Morvan

Le 24 mai 2016 - RAMEAU Pauline

La classe de 1e1 a mené cette année un double projet avec le musée de Saint-Brisson : réaliser la visite virtuelle du musée de la Résistance en Morvan via l’application Guidigo, et participer au concours "Lettre d’un maquisard en Morvan".

Dans le cadre de l’EMC et du programme d’histoire de première, la classe de 1e1 a travaillé avec le musée de la Résistance en Morvan situé à Saint-Brisson. Après une première visite pour se familiariser avec la collection du musée, les élèves ont choisi par binôme un thème de l’exposition, dont ils ont fait la présentation interactive de plus d’une heure grâce à l’application Guidigo. Leur visite guidée est disponible sur le site Guidigo : https://www.guidigo.com/Tour/France/Saint-Brisson/Le-musee-de-la-Resistance-en-Morvan/ROJrsV3dlhE

Les élèves de 1e1 et de 1e4 ont eu l’occasion de tester leur travail le vendredi 20 mai. A l’occasion de cette sortie, le musée de la Résistance en a profité pour remettre leur prix à deux élèves de 1e1, Sarah Lienhardt (1er prix) et Marjolène Jallois (3e prix), pour leur lettre d’un maquisard un Morvan. Ce concours est organisé tous les ans par le musée : http://www.museeresistancemorvan.fr/fr/espace-p%C3%A9dagogique/concours

Les deux classes ont ensuite pu visiter le tout nouveau mémorial de Dun-les-Places, qui sera inauguré le 26 juin 2016 par le président de la République François Hollande.
Pour en savoir plus sur le mémorial : https://www.facebook.com/memorialdedun/

La journée s’est terminée par la visite du maquis Bernard où se trouve un cimetière franco-anglais et qui fait partie du parcours Chemin de mémoire.

Les professeur-e-s tiennent à remercier le Souvenir français et le ministère de la Défense qui ont participé au financement de ce projet, ainsi que le musée de la Résistance en Morvan et Monsieur Lerman de Guidigo pour leur aide.

Lettre qui a reçu le 1er prix du concours Lettre d’un maquisard en Morvan 2016 :

"Ma chère Marie,
C’est ton mari qui t’écrit afin de te donner de ses nouvelles et dans l’espoir d’avoir des tiennes. Je ne sais même pas si cette lettre te parviendra ; tant pis, je me lance tout de même en t’imaginant la lire, assise dans ton fauteuil au coin du feu... c’est une image apaisante. Et j’ai bien besoin de ce réconfort ; je suis très loin de chez nous, dans un maquis et tu n’imagines même pas comment on vit. Avant de poursuivre, je te précise que je ne donnerai aucun détail important tels que des noms, autant pour ta sécurité que pour celle de mes compagnons et moi-même. Une fois que tu auras terminé de lire ceci, déchire tout et brûle chaque morceau.
Maintenant, je peux t’avouer que même si nous nous battons pour la plus belle des causes, la liberté, le confort de notre petite maison et notre routine me manquent terriblement. Malgré l’aide des villageois alentours qui nous fournissent assez souvent de la nourriture, des matériaux, des outils, des vêtements et parfois même leur grange afin de nous reposer ou comme planque, je n’arrive pas à m’adapter totalement et ne cesse de trouver matière à me plaindre. Il faut dire que la majeure partie du temps, on vit dans les bois humides et immenses où rien ne nous permet d’avoir un minimum d’hygiène.
Cependant, il y aussi de bons côtés ; tous les gens avec moi étaient dans un certain nombre de secteurs d’activité divers et variés : il y a des coiffeurs, des architectes, des ouvriers, des agriculteurs,... Bref tout ce qui nous permet de mobiliser pas mal de compétences et de vision des choses différentes assez utiles. Et puis quel égoïste je fais de me plaindre autant ! J’ai la chance d’être libre tandis que notre village a été réquisitionné par ces maudits Nazis. Je sais ce qu’ils font, ils ôtent le pain de vos bouches et s’incrustent, vermines qu’ils sont, dans les maisons.
Je regrette de ne pas t’avoir emmenée avec moi... Je te pensais plus en sécurité dans ce village assez isolé. Si seulement j’avais su que cela durerait aussi longtemps et que ces rats viendraient empester jusque chez nous... Si tu savais comme je m’en veux de te savoir seule avec eux et de ne pas voir ton ventre s’arrondir au fil du temps ni sentir les premiers coups du petit habitant sous ton nombril, cela me désole. S’il vous arrivait quelque chose, jamais je ne me le pardonnerai. Je dois rester fort ; je te connais, tu es forte et courageuse, je suppose que tu dois très bien t’en sortir.
Le temps loin de toi passe trop lentement mais mes journées sont chargées : on organise toute la journée des actions, on part voir les villages alentours ou on fait du repérage de bosch. J’ai déjà participé à quelques actions telles que le sabotage d’un véhicule militaire allemand ou à l’arrivée de deux parachutages. Au début les moindres tentatives d’actions étaient extrêmement compliquées, faute de matériel et de connaisseurs en la matière, mais, grâce aux parachutages, on a récupéré beaucoup d’équipement et des militaires anglais qui nous ont expliqué beaucoup de choses. Mais les parachutages demandent aussi une excellente tactique : il faut prévoir une équipe suffisante pour prendre tout ce qui peut être utile et enterrer le reste mais pas trop nombreuse pour ne pas se faire repérer. En plus, il faut être rapide et faire le moins de bruit possible, c’est très contraignant.
D’ailleurs, tu ne comprendras pas mais Célestin ira dîner ce soir chez Anastasie, je ne peux rien t’expliquer mais cette phrase me met du baume au cœur. C’est un message qui me donne l’espoir que tout ceci sera bientôt terminé et que je pourrai enfin vous retrouver. J’espère que notre Morvan et même notre France entière sera libérée avant que tu n’accouches, ce serait trop beau mais je veux y croire. Ne pas assister à la naissance de notre fils ou notre fille est une véritable hantise pour moi. C’est pour cela que je vais continuer à me battre, je ne laisserai pas notre enfant grandir dans un monde pourri par le nazisme.
Malheureusement, je me dois d’arrêter, le papier et l’encre ne sont pas illimités et si cette lettre prend trop de place, il sera d’autant plus difficile à te la faire parvenir. Prends soin de toi et de notre futur bébé jusqu’à mon retour. Je pense à vous deux à chaque instant.
Je t’embrasse,
Toinou

P.S : N’oublie pas de faire disparaître cette lettre."

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